Congrès Annuel de l'association nationale Espéranto-France

Marseille, porte de la Méditerranée – Congrès national 2016

N°120 pages 4 et 5

L’association nationale « Espéranto-France » a organisé sa rencontre annuelle à Marseille du 5 au 8 mai, intitulé : Marseille, porte de l’Euro-Méditerranée.

La rencontre associative est l’occasion de faire connaissance avec des espérantistes essentiellement français, de participer aux réunions annuelles de quelques associations espéranto, de visiter la région, de participer à des conférences, d’assister aux spectacles, et bien sûr de bavarder au bar… le tout en espéranto ou presque, car, on essaie de ne laisser personne de côté. Le but de l’espéranto étant de communiquer sans limites, on ne va pas snober un débutant.

Chacun a dû se trouver un logement et gérer ses repas : on loue à plusieurs, on se regroupe au restaurant ou pour pique-niquer.

Trouver le congrès fut facile (avec l’adresse). Mais de dehors, nous nous attendions à voir des panneaux ou au moins un drapeau. Non, rien de visible.

De plus, un groupe de Roms avec enfants dormaient devant les portes principales. Ils mendiaient et laissaient les enfants toute la journée dans la rue. Ce qui donna un cachet spécial… entre l’envie de les aider et la crainte de financer la misère.

À l’accueil, le traditionnel badge nous permit de connaître les noms et prénoms ainsi que la ville de chacun ce qui aide aux contacts. On nous offre un sac en coton imprimé espéranto, internacia lingvo, un stylo… et surtout un petit livret qui détaille le programme.

Le lieu lui-même était relativement confortable, surtout les fauteuils de la salle de spectacle, ou plus d’un piqua un roupillon, même pendant le concert rock.

Enfin, nous entrâmes dans le hall et rencontrons les copains, les amis et les nouvelles têtes. C’est le début des discussions, de nos choix de participations aux activités variées proposées, conférences.

La palette des thèmes de conférences et d’activités fut particulièrement intéressante et variée. Artistique, sociétale, linguistique bien sûr, culturelle, politique avec une touche environnementale plus appuyée, voyez ça :

• Les conséquences de l’ITAP : conférence sans complaisance sur les accords en négociation TAFTA, TTIP. C’est le projet d’une grande zone commerciale entre l’Union européenne et les États-Unis qui devrait entraîner des conséquences désastreuses.

• Projection du film En quête de sens, sous-titré en espéranto.

• Les boues rouges, pollution en Méditerranée. Conférence de  Rosy Inaudi. Constat alarmant et menace supplémentaire de l’industrie de la bauxite en Provence.

• Pythéas et la Méditerranée : conférence sur le géographe et explorateur grec de la colonie phocéenne Massilia, future Marseille.

• La Russie d’aujourd’hui : cette conférence-débat nous présenta une Russie proche de nous, mais exotique et toujours fascinante.

• La clé perdue : analyses et constructions sur la langue et sa structure, ne jamais confondre facilité et simplicité.

• Valses : danses à trois temps, nous écoutons divers extraits avec une présentation de leur auteur.

• Réunion de travail pour proposer un nouveau mode de distribution de la revue Le Monde de l’Espéranto.

• L’espéranto et les jeunes : depuis 2 ans, l’espéranto est entré dans les écoles primaires, profitant des TAP ou des NAP mais pas seulement.

• Conférence sur l’anarchiste ukrainien Nestor Makhno  durant la Révolution de 1917 et qui a résisté aux Bolcheviques. On attendait peut-être pas Jomo dans ce registre, or le chanteur est par ailleurs l’auteur du roman Ukraine en occitan (Ucraïna) et en français sur ce thème et a reçu un satisfecit châleureux de la part du CIRA (Centre d’Information et de recherche sur l’Anarchisme) qui accueillait la conférence.

• Concert de Jomo, plein d’énergie et de bonne humeur (malgré les fauteuils trop confortables).

• Théâtre La viro semo : Monologue à 2 voix. En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte organise son propre renversement pour devenir empereur. Dans un village de Provence, les femmes se retrouvent seules, sans procréateur. Cette pièce très émouvante et minimaliste a été jouée avec une alternance d’émotion et de retenue. Impressionant.

• La danse libre de Flavie, en résonnance avec le costume de son précédent spectacle.

Bien sûr, il y eut d’autres choses intéressantes, comme les excursions ou la soirée chants avec le groupe Soit dit en passant qui fredonna quelques mots d’espéranto dans une de leur chansons et invitèrent Flavie à cet effet, et de nombreuses discussions informelles, des retrouvailles, des contacts, des ratés aussi (comme le sous-titre du Congrès), mais surtout un très bon esprit.

Céline Bernard et Fabrice Kraemer

esperanto-france.org

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