Témoignage – Rencontre avec l’espéranto – Découvrir l’espéranto

Découvrir l’espéranto : j’ai découvert la langue internationale lors de mon séjour au régiment. Un camarade espérantiste m’avait parlé de l’espéranto. Par curiosité plutôt que par conviction, je m’inscrivis à un cours par correspondance.

À quelque temps de là, j’ai  bénéficié d’un voyage collectif aux Pays-Bas.
L’organisation qui patronnait ce déplacement avait son siège à Orléans (Centre National Espéranto Office). Le responsable était Pierre Delaire, de regrettée mémoire.

Sur le quai de la gare d’Amsterdam, des espérantistes hollandais attendaient le groupe de Français. Chacun intégra une famille hollandaise.
Les journées passaient en excursions diverses : grande digue, musées, etc.
Je vivais dans une nouvelle famille ; nos rapports étaient directs, sans truchement, la barrière des langues n’existait plus.

J’ai vécu ces évènements comme une révélation. J’ai ressenti un « choc émotionnel ». Pourquoi nos « bons laïcs » m’avaient caché l’existence de l’espéranto ?
Depuis, j’ai multiplié les contacts, approfondi sa littérature ; j’ai aussi découvert un humanisme. J’ai endossé la tunique de Citoyen du Monde ; j’espère la garder jusqu’au cercueil !

Examinons maintenant quelques moyens et arguments utilisés contre l’espéranto.

• Le silence quant à son existence : l’omission maintient l’ignorance !
• De temps en temps, un « héraut » nous annonce sa mort ; décidément, l’espéranto n’en finit pas de mourir !

Les allégations se révèlent multiples :

« C’est une langue artificielle » : certes, elle a été conçue par Zamenhof, à partir des racines des langues européennes. Elle est logique : elle comporte 16 règles de grammaire, sans exception, etc. L’apprendre reste un pur plaisir.
« Artificielle ? » Toutes les langues le sont (mais « toutes les langues sont conventions des peuples » a écrit Rabelais) ; l’alphabet est fait de signes inventés : les lettres… que dire de l’algèbre, du solfège ?
« Elle n’a pas de culture » : faux ! Les groupes espérantistes ont essaimé sur toute la planète ; par les multiples traductions, elle s’insère pleinement dans la culture universelle. Elle possède aussi sa littérature originale.
« Elle est trop récente, son étude n’offre aucun intérêt ». Rappelons qu’elle a bientôt 129 ans, âge qui lui confère une certaine ancienneté.
« Son expansion peut nuire à l’étude des langues ». Faux ! Par la diversité de ses racines, elle est un excellent moyen propédeutique pour ses études.

Pour résumer, l’espéranto est une langue indépendante, accessible à tous, équitable. Pour certains, c’est le « latin du prolétariat ».
Un humaniste a écrit : « Il est des morts qu’il faut tuer ».

Dans cette liste, nous pouvons citer son créateur le docteur Zamenhof. Il est très difficile de gommer la mémoire de certains morts. Pour Zamenhof, la tâche s’avère ardue !

Guy Tatet

N°119 page 22

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