APPEL AUX ENSEIGNANTS
écrit par A R le Mer, 05/05/2010; publiet en la revue n° 84 [Juillet - Août 2010]
Chère/cher collègue,
L'apprentissage des langues étrangères est intégré à l'enseignement
de plus
en plus tôt. Même si le but -former des citoyens européens- est louable,
vous
avez peut-être constaté que la mise en œuvre n'est pas chose aisée, en
l'absence
d'un véritable « bain linguistique ».
Plus largement, le choix d'une autre langue nationale, au moins
aussi
complexe que le français (l'anglais le plus souvent) n'est pas forcément
de
nature à donner aux jeunes l'envie de passer les frontières. N'ont-ils
pas déjà
assez de mal avec le français ?
Professeur d'histoire-géographie dans un collège lozérien, je n'ai
personnellement aucun intérêt à défendre la cause d'une langue en
particulier.
Cependant, je m'intéresse depuis longtemps à ce casse-tête de la
communication
internationale. Dans l'Union européenne, 23 langues ont un statut
officiel, et y
tiennent à juste titre car oublier l'une d'elles ne reviendrait-il pas à
placer
le pays qui l'emploie dans un rang subordonné ?
Pour autant, l'idée communément admise est que l'anglais est « la »
langue
internationale. En témoignent entre autres sa place dans les médias,
dans les
sciences, les arts, la culture, les sports, etc. Un travail peut-il aujourd'hui
être reconnu s'il n'est pas publié en anglais ? Et pourtant, nous savons
bien
que cette place ne vient pas d'une facilité naturelle de l'anglais, mais
simplement de la puissance économique de l'Empire britannique, relayée
au XXème
siècle par celle des États-Unis. Au delà du dollar, c'est un modèle
culturel qui
broie peu à peu les cultures nationales comme celles-ci, en leur temps,
avaient
broyé les cultures régionales (bretonne, occitane...).
Cette acculturation a un autre effet pervers : si une langue
nationale
s'autoproclame langue internationale, quel formidable privilège elle
apporte à
ses locuteurs natifs dans le monde de demain! Quelle chance aura un jeune
Français, un jeune Tchèque, un jeune Vietnamien dans la recherche d'un
emploi
face à un anglophone natif si ledit emploi suppose la maîtrise de
l'anglais
? Au mieux, s'il est issu d'une famille aisée, il aura eu accès à des
stages linguistiques intensifs, à de coûteux séjours aux États-Unis pour
maîtriser la « langue des affaires ». Mais les autres ? Tous les
autres?...
Face à cette inégalité intrinsèque au choix d'une langue nationale
(le
problème serait exactement le même si l'on remplaçait l'anglais par
l'espagnol
ou le français), il existe une solution neutre et équitable. Celle d'une
langue
vraiment internationale puisque créée précisément à cet effet,
l'espéranto.
En 1887, Ludvik Zamenhof, médecin polonais et brillant polyglotte,
mit au point une langue à la grammaire et à l’orthographe logiques et
simples,
notamment dénuée d'exceptions. Comme il faut beaucoup moins de temps
pour
acquérir en espéranto le même niveau que dans une langue étrangère
européenne
(anglais, allemand, italien…), ce projet rencontra un véritable
engouement. Puis
il sombra devant le déferlement des haines nationalistes en 1914, et des
totalitarismes qui s'ensuivirent, Hitler et Staline goûtant assez peu
l'universalité et le pacifisme implicites que véhiculait l'espéranto.
Le temps a passé et si on ne reproche plus aujourd'hui à l'espéranto son
caractère « judéo-cosmopolite », c'est la domination de fait des langues
impériales qui nous aveugle dans le choix d'une vraie langue de
communication
internationale.
Car l’espéranto n’est pas en concurrence avec des langues
nationales comme
l’anglais, l’espagnol ou l’allemand. Non seulement il ne vise pas à les
remplacer, mais des études ont montré que commencer par l’espéranto
facilite
ensuite l’apprentissage des langues nationales car l’esprit est
familiarisé avec
des structures et des racines de vocabulaire que l’on retrouve dans ces
langues
plus complexes.
Je renvoie celles et ceux qui voudraient un peu plus d'information à
un
article que j'ai rédigé pour le site de mon collège :
http://www.clg-delmas-steenimie.ac-montpellier.fr/spip/spip.php?article39
http://www.clg-delmas-steenimie.ac-montpellier.fr/spip/spip.php?article39
Vous y trouverez notamment des liens vers des sites qui développent
de
façon exhaustive la valeur propédeutique de l'espéranto dans
l'apprentissage des
langues étrangères, voire du français.
Alors, découvrir une langue internationale à l'école ? Ce n'est pas
une
utopie, ce ne serait même pas une première...
Si l'idée vous intéresse, ou si au contraire elle vous paraît
inepte, je
suis prêt à vous présenter la question et à en discuter avec vous
directement.
Une exposition est également disponible.
Quant aux modalités, cela suppose bien entendu l'autorisation
préalable de
votre inspection et des chefs d'établissement...
Avec mes cordiales salutations.
A. R. professeur d'histoire et géographie
UPP Pierre Delmas (Sainte-Énimie)
Avec mes cordiales salutations.
A. R. professeur d'histoire et géographie
UPP Pierre Delmas (Sainte-Énimie)
